L’année 2009 a promit un millésime de grande qualité. L’occasion pour le beaujolais nouveaux de redorer son image, fortement dépréciée.
Une tradition qui s’exporte
Le 19 novembre dernier marquait l’arrivée du désormais célèbre beaujolais nouveaux. Un événement, mieux, une tradition !
Le beaujolais nouveau est produit dans la région éponyme. Il est mis en vente, dans le monde entier, le troisième jeudi de novembre. A précisément 00.00 heure (soit le mercredi à 24.00 h), la commercialisation peut commencer. Pour cause de décalage horaire, les Japonais, qui en sont particulièrement friands, peuvent ainsi déguster la nouvelle récolte avant même les Français.
Alors qu’on compte une fabrication de 40 millions de bouteilles, déjà 13 millions ont été exportées vers les tables japonnaises.
Une mauvaise réputation
Le beaujolais a de nouveau tout à prouver, car son image, comme ses ventes, sont au plus mal. En témoignent certains avis. Pour François, urbaniste, « Le défi chaque année est d’en trouver un bon! J’en achète tous les ans et tous les ans, je le trouve inbuvable! » Pour Catherine, cadre au ministère de l’écologie, « C’est souvent une déception. Je finis par croire que je ne prends jamais les bons, ou que je ne vais pas les acheter au bon endroit! ».
Le dyagnostique est sans appel. Pourtant, au milieu du Xxème siècle, un cru du beaujolais se vendait au prix d’un grand cru. Aujourd’hui, même à des prix dérisoires, les acheteurs ne se bousculent pas. Un constat d’autant plus incompréhensible que le gamay, cépage de référence du beaujolais, donne de grands vins parmis lesquels le Chénas ou le Moulin à vent. Un fait largement méconnu.
Contrastes et nuances
Le beaujolais nouveau est avant tout une démarche commerciale. « Tous les ans le stock, même s’il s’ammoindrit, s’écume en quelques jours. » explique Véronique, reponsable du rayon Vin dans une moyenne surface parisienne.
Elle fait aussi le bonheur des viticulteurs, pour qui l’opération constitue une vitrine à ne pas manquer. « Pour un producteur de beaujolais nouveau c’est un événement très important qui conditionne la saison future. Raconte Bernard. Pour lui, Nous payons aujourd’hui une réussite médiatique enviée de beaucoup par le passé, qui maintenant se retourne contre nous suite à des problèmes qualitatifs dus à un engouemant qui rend parfois aveugle. Cependant le problème n’est pas qualitatif mais marketing. »
Chez les cavistes, même constat. Pourtant la sélection est rude. « On ne propose pas plus de quatre appellations différentes. Nos acheteurs sont très pointilleux. Ainsi nous proposons une gamme réduite, mais de bonne qualité » souligne chantal Monot, propriétaire d’une boutique NICOLAS dans le 19ème arrondissement. Et son mari de conclure « Ce sont les médias qui ont tué le beaujolais! Commercialement, ce n’est plus un événement de grande envergure. Pourtant j’ai des clients fidels à la tradition. Certains même, n’aiment pas le vin, mais tiennent à respecter ce qui pour eux est encore une coutume! » Le beaujolais nouveau n’a pas dit son dernier mot.
Agathe PETIT
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