1er Mars : 24 heures sans couleurs

Par simongleize

 

Avec la relance par Eric Besson du débat sur l’identité nationale et les grèves des travailleurs sans papier, la question de l’immigration revient au premier plan. Les médias s’en font l’écho quasi-quotidien depuis quelques semaines. Les syndicats manifestent et les politiques, de droite comme de gauche, multiplient les déclarations. Qu’en est-il des citoyens ? Ils s’organisent. 

« Non à l’immigration jetable ».  Ils étaient quelques milliers de manifestants dimanche 29 novembre à crier ce slogan dans les rues de Paris. 2700 selon la police, 10000 selon les organisateurs. L’appel avait été lancé par le collectif Ucij (Unis contre une immigration jetable) pour exprimer son désaccord avec la politique du gouvernement sur l’immigration. Sur les pancartes du cortège, on pouvait lire « Nos amours plus forts que vos haines », « Un charter pour Besson », ou encore « Nous travaillons, nous voulons être déclarés, nous voulons cotiser, régularisation des travailleurs au noir ». 

Une autre initiative citoyenne fait parler d’elle ces derniers jours. Celle d’une « journée sans immigrés » le 1er mars prochain. Le principe est simple et vient tout droit des Etats-Unis. Le 1er mai 2006, les Latinos avaient cessé de consommer et de travailler afin de démontrer l’impact de cette population sur l’économie américaine. Résultat probant : dans de nombreuses villes, les cafés et les boutiques avaient fermé leurs portes, les restaurants et les marchés étaient vides, et certaines usines ne pouvaient plus fonctionner. 

En France, le mode d’action prévu est similaire. Les organisateurs appellent les immigrés, enfants d’immigrés et, plus largement, tous les citoyens opposés à la politique d’immigration actuelle à participer au mouvement. L’objectif aussi est le même qu’aux Etats-Unis. Rendre compte de l’influence économique et sociale des immigrés ou issus de l’immigration.  Mais surtout cette journée du 1er Mars pourrait être l’occasion de montrer à quel point la France est pâle sans mélange de couleurs, de cultures et d’influences. 

Simon Gleize

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