Le musée du quai Branly a programmé dans le cadre de sa thématique « Maroc » une création musicale nommée « Izlan », du 27 novembre au 5 décembre.

Alain Weber , directeur artistique de Zaman production et programmateur à la Cité de la Musique, au Théâtre de la Ville et au musée du quai Branly, a permis au public de découvrir où d’avoir, pour les connaisseurs, une approche d’un format de diffusion différent des musique du Moyen-Atlas, du Sahara et du Souss, région d’Agadir. Cela, à travers un hommage à une tradition populaire vivante du royaume du Maroc.
Malgré certaines mises en scène quelque peu caricaturales, ce spectacle permet de voir ces artistes évoluer sur une scène de qualité. Une scénographie sobre et un décor oscillant entre design européen, artisanat et paysages marocains.
Ce cycle « Maroc » fut essentiellement consacré au patrimoine poétique berbère. Un spectacle quotidien, des conférences, une projection et une table ronde au programme. Des moments d’échanges pour aborder différents thèmes ayant lien avec la survivance de ces arts ancestraux. Comment produire aujourd’hui ? Diffuser ? Préserver et transmettre ? Des questionnements qui lancent un débat trop longtemps négligé au sein même de la communauté musicale marocaine.
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En savoir plus sur les musiques berbères :
-Ahidous : C’est la danse des tribus ayant en commun le « tamazight ». Langue du Moyen et Haut Atlas. Performance amateur partagée par tous les membres de la tribu, la danse est accompagnée par l’alternance de rythmes binaires et ternaires des bendirs ( tambours sur cadre en peau de chèvre), et par les poésies en « questions –réponses » scandées par les hommes et les femmes du village. Ce genre est sans doute l’un des témoignages les plus émouvants d’une tradition tribale vieille de plusieurs siècles. Les thèmes des chants sont bien souvent axés autour de la séduction voilée, de l’amour courtois et de la vie champêtre. On ne s’étonnera donc pas d’apprendre qu’elles sont pratiqués lors des saisons culturelles printanières.
- Rwayes: Le mot «Rwayes» est le pluriel du mot «Rays» qui signifie en arabe dirigeant ou chef. Rwayes désigne donc à la base ces poètes, compositeurs et chorégraphes berbères originaires du Souss marocain (Région d’Agadir) qui dirigent des troupes itinérantes à travers tout le Maroc. Par la suite, le terme sera utilisé pour définir cette musique et cette poésie qui date de la fin du 19ème siècle. Le plus souvent la formation sera composé de cinq musiciens et quatre danseurs, avec des instruments à cordes : le Rebab ( vièle berbère à une corde) et le lûtar ( luth berbère à trois cordes), et des percussions : Bendir et naqus ( tube en fer au son de triangle).Les rwayes composent au quotidien des chants dans un répertoire d’une poésie légère s’apparentant à des chroniques sociales et sur fond de gamme pentatonique façon berbère. Les danses d’accompagnement sont basés sur l’improvisation autour de traditions chorégraphiques ancestrales.
- Hassani: Le terme désigne à la fois la culture, le langage et la musique des nomades du Sahara, au sud du Maroc. Selon Mohammed Aydoun, musicologue, c’est «une synthèse entre le système modal et rythmique berbère et celui de la Mauritanie du Nord». En effet cela est vrai d’un point de vue musicologique , car l’usage de la guedra ( percussion basse en peau de dromadaire) avec des rythmes ternaires , du tidinit ( n’goni saharien) et du tbel ( tambour en peau de chèvre) nous rappelle certaines esthétiques musicales d’Afrique subsaharienne et d’Afrique de l’Ouest. De plus , certains clins d’œils dans les arrangements nous renvoient à des traditions berbères plus au Nord du Maroc. Nous rajouterons à cela l’usage du dialecte très développé du Hassani, mélange d’un arabe classique de bédouins, de Bambara malien et de tamazight de l’Anti Atlas. Très souvent dirigé par des femmes à la beauté et au charisme troublants, l’«orchestre» typique mélange danseurs, musiciens et chanteurs-poètes , avec une parité marquée, reflet du matriarcat régnant dans la région. Les poèmes traitent de la vie dans le désert et peuvent aussi avoir une valeur spirituelle, à la limite du soufisme, dans une expression plus populaire.
Glossaire réalisé à l’aide de l’ouvrage Musiques du Maroc de Ahmed Aydoun, musicologue ( Autres temps, chez Eddif, 2001)
Mounir Kabbaj
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