À quelques jours du show, le passage de Napalm Death affichait déjà complet. C’est un peu banal de dire ça, quand on sait que cette tête d’affiche a plus de 27ans de carrière et qu’elle n’a jamais succombé aux modes ni plié aux lois du marché du disque.

Pour cette soirée du 28 janvier au Glaz’art (Paris 19), Napalm Death était accompagné par deux puissants groupes en première partie. On a du attendre un retardataire en sirotant des canettes de thé fraiches en dehors de la salle ce qui nous a fait rater les réunionnais Blackstrocke. Une fois à l’intérieur c’est les hardcoreux de l’Esprit du clan, encore plus hargneux et expérimentés qu’avant, qui ont envoyé leur son metal-hardcore à la fois lourd et épais, sombre et superpuissant. Pour cette date, ils ont demandé au public de filmer le 4éme morceau « l’enfer c’est le nôtre » avec ce dont il disposait (appareil photo, portable, etc.) pour participer à la création d’un film hors norme en vue du festival “filmer la musique”…
Avant de monter sur scène, les Napalm Death prennent leur temps pour le soundcheck, les fidèles s’impatientent… une fois sur les planches, le ton est donné « joue rapide ou meurs ». 1h30 de pur punk-death-speed-grind surtout quand on connait la vitesse de leur playlist, et la durée de leurs morceaux (leur titre “you suffer” est inscris dans le Guiness Book of records comme le plus court jamais fait 1.31 sec), cette fois tout y passe, de Scum (période grind) aux singles du dernier album en passant par le fameux « mass appeal madness » sans oublier l’ultra rapide reprise des dead kennedys « nazi punks fuck off ».
Toujours engagés au niveau des textes à l’image du titre de leur dernier album, “Time wait for no slave”, Barney (le chanteur), avec sa façon de chanter incompréhensible ( !?) fait bien de rappeler entre chaque morceau la signification des messages à connotation clairement de “gauche” et anticapitaliste qu’il clame « très fort »… c’est le slam et le gros pogo dans la fosse du début à la fin, (normal, non?) une ambiance de plus en plus rare dans la capitale. La musique et même le visuel (logo et illustrations) du quatuor british ont retrouvé leurs inspirations des années de gloire « grind » dont ils sont les inventeurs. L’alchimie, entre death-grind et expérimentations brutales ou dissonances Indus, tant recherchée par ces flingués de Birmingham durant leurs parcours « atypique », est enfin trouvée. A mon avis, ils nous ont sortis leurs meilleurs galettes cette année !
Qui a dit que la musique vieillie ? Napalm Death est visiblement comme le bon whisky … Cheers.
Amine Hamma
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