Malouma est l’une des plus belles voix de la Mauritanie. Son chant envoutant et engagé évoque sans détour les inégalités qui régissent son pays. Militante jusqu’au bout des ongles, la diva rallie plusieurs causes. La lutte contre le sida, contre les mariages arrangés, pour la vaccination des enfants ou encore l’alphabétisation. Interdite d’antenne, elle a su gagner l’estime d’un public qui lui reste fidèle. On ne peut qu’apprécier l’obstination à parler de sujets qui fâchent et une inventivité sans mesure dans sa manière d’aborder la musique.
Un son « traditionnel » qui flirte allégrement avec folk et blues d’un autre continent. Le même son qui l’amènera à se produire ailleurs à plusieurs reprises et qui la consacrera à l’international. Une grande ouverture d’esprit également, qui la fera côtoyer le duo Smadj et Mehdi Haddab. Ainsi naissent « Missy Noukchott » ou encore « Nude for death » deux morceaux présents sur « Pink Kong » dernier album de « Duoud » où l’on découvre une autre facette de Malouma. Complétement à son aise sur des variations électro qui semblent pourtant loin de son univers musical. Cette artiste hors-pair sera présente au festival « Mer et Désert » de Dakhla 2010, malgré un planning chargé, elle a bien voulu se prêter au jeu de l’interview.
Mehdi El Kindi
Malouma bonjour, vous participez à la quatrième édition du festival de Dakhla, comment voyez vous la chose ?
Et bien, en vérité cela sera ma première scène dans ce cher pays qu’est le Maroc. Il m’aura fallu attendre la quatrième édition du festival pour voir mon envie d’y jouer se concrétiser. Les habitants de Dakhla sont des voisins et des frères. J’aime Dakhla, les gens y sont chaleureux. Je serais heureuse d’y jouer mon répertoire qui allie blues et musique du désert si dieu le veut … heureuse d’y jouer ma musique, celle d’une femme mauritanienne. Et puis d’après ce que j’ai pu lire concernant la 4ème édition, il y’aura cette année un à hommage Abdelhadi Belkhayat, un artiste que je porte dans mon coeur, et dont j’admire le talent. Je suis vraiment heureuse de participer à ce festival et j’aimerais remercier les personnes qui ont rendu cela possible.
On sent que cette visite vous tient à coeur, une histoire particulière avec Dakhla ?
Pas réellement (…) c’est une ville que j’ai pu visiter en touriste par le passé. J’ai pu y apprécier les particularités régionales. Mais je te parle de souvenirs vieux de plusieurs années, Dakhla a évoluée depuis, j’ai été impressionnée par les photos que j’ai pu voir où les articles qui en parlent aujourd’hui.
En tant qu’artiste voisine, avez vous déjà eu l’opportunité de rencontrer les artistes locaux, Doueh ou Zghailina pour ne citer que ces deux là ? Et que pensez vous de leur musique ?
En vérité je n’ai pas eu la chance de les écouter. L’occasion se présente avec le festival, j’espère réellement pouvoir les rencontrer en amont, prendre le temps de les connaître. Je serais également heureuse de les voir sur scène, j’en serais même fière. Ils sont les porte-drapeaux de la musique hassanie, c’est un travail qui mérite d’être encouragé. J’ai hâte !
Vous présenterez donc un répertoire issu de votre second album, qui vous a consacré à l’international et fait de vous « la voix de la femme maure » à quand un prochain album, sur quoi travaillez vous actuellement ?
J’y travaille, il y’a de nouvelles idées, de nouvelles mélodies qui naissent. Il faut leur laisser le temps de murir, de se transformer en morceau, il y’en a déjà quelques uns qui figureront sûrement sur un futur album. L’essentiel de mon énergie est actuellement canalisée par la préparation du concert à Dakhla et par la tournée qui suivra dans des pays Scandinaves.